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La photographie, éloge de l’attente ?

Pour la plupart des gens aujourd’hui l’attente est un temps mort auquel il faut palier.

Elle est évitée par différents moyens, écrans et médias en tête. Quand elle survient toutefois, le but est précis, connu ou espéré.

Mais l’attente peut être autre. Une attente sans expectative. Une position de guetteur devant les signaux énigmatiques et fugitifs de la vie, à la fois neutre et alerte devant les choses.

Cette attente est donc active. Pourtant elle n’est pas rationnelle, on n’y fonde pas d’espoir. Pour André Breton, c’est une sorte de délire se délectant du « Pas tout de suite ». Elle est au-delà du principe de plaisir. Elle s’ouvre sur l’inattendu, et devient l’attente de l’attente.

Il s’agit d’une posture ultra-réceptive. Se mettre en état de grâce avec le hasard de manière à ce qu’il se passe quelque chose, à ce que survienne quelqu’un.

En prenant place dans cette attente, nous ne sommes plus là pour surprendre mais pour être surpris. L’esprit ainsi préparé accueille le hasard avec la faculté de découvrir, d’inventer ou de créer ce qui n’était pas recherché. Serendipity.

La photographie est pour moi un moyen de prendre conscience de sa propre façon de découvrir. L’émergence d’une attention nouvelle. L’appareil reste souvent dans la poche, devenant un médiateur de cette posture qu’il est trop facile d’oublier dans la course au temps qui passe.

Voici quelques photos, fruits de l’attente.

Hugo Nespoulet